Caveat : Comme dirait Kooorrg, « cet arti­cle con­tient 80% de râlage. »

Caveat (bis) : Ce billet est à très haute teneur en infor­ma­ti­que d’entre­prise.

Ce qu’est BO

Busi­ness Objects (« BO » pour les inti­mes) est un outil très connu des ser­vi­ces diri­geants, finan­ciers et infor­ma­ti­ques des entre­pri­ses, endroits où l’on adore faire beau­coup de tableaux avec énor­mé­ment de chif­fres et de gra­phi­ques.

Le con­cept le plus inté­res­sant du pro­duit réside dans l’« uni­vers », une « cou­che séman­ti­que »™© entre les objets de la base de don­nées et les requê­tes de l’uti­li­sa­teur. Cet uni­vers con­tient tout bête­ment le modèle de don­nées de la base de don­nées sous-jacente, quel­ques for­mu­les, fil­tre des don­nées par uti­li­sa­teur, et autres raf­fi­ne­ments.
À l’écran l’uti­li­sa­teur « de base » ne voit plus que des objets « fac­ture », « client », « chif­fre d’affaire »… et BO s’occupe de tou­tes les join­tu­res, fil­tres, regrou­pe­ments, et nom­breu­ses autres astu­ces.
Une requête impli­quant des objets « Code client », « Région » et « Chif­fre d’affaire » avec un fil­tre « Année en cours », objets qu’il suf­fira de glis­ser dans la fenê­tre adé­quate, mè­nera auto­ma­gi­que­ment à une requête du genre de :

SELECT CLIENTS.CODE,
ADRESSE.REGION,
SUM(COM­MAN­DES.CA)
FROM CLIENTS, COM­MAN­DES
WHERE CLIENTS.ID = COM­MAN­DES.CLIENT_ID
AND TO_CHAR(COM­MAN­DES.DATE,'YYYY')=2008
GROUP BY CLIENTS.CODE, ADRESSE.REGION ;

…avec pos­si­bi­lité éven­tuel­le­ment ensuite de « zoo­mer » de la région au dépar­te­ment au maga­sin au sous-rayon. Les don­nées sont en mémoire ou rame­nées par une nou­velle requête.

La mise en page peut être assez com­plexe et les cal­culs très pous­sés, Excel est tota­le­ment enfoncé - mais par­fois uti­lisé pour raf­fi­ner ou for­ma­ter.
Il est pos­si­ble de mélan­ger et croi­ser (« syn­chro­ni­ser » ) des don­nées issues de bases (uni­vers) dif­fé­rents.
Pour de bon­nes per­for­man­ces et une main­te­nance accep­ta­ble de l’uni­vers, des bases de don­nées dédiées (data­wa­re­house avec schéma en étoile dénor­ma­lisé) sont con­seillées.
S’ajou­tent encore un « réfé­ren­tiel», c’est-à-dire une base de don­nées com­pre­nant les uni­vers et des docu­ments, pour ver­rouiller l’accès et garan­tir la cohé­rence des évo­lu­tions, ainsi qu’un « por­tail » web pour mani­pu­ler, gérer et dis­tri­buer la masse de rap­ports que les uti­li­sa­teurs vont s’empres­ser de pon­dre en masse.

BO domine son sec­teur, et le fait payer fort cher à ses clients. Les alter­na­ti­ves libres ne sont pas encore au niveau mais com­men­cent à être envi­sa­gea­bles (Jas­per­Re­ports, BIRT…).

Je con­nais la ver­sion 5 de BO, un peu la 6, et la der­nière XI R2 SP3 (on sent dans ce nom l’influence de Micro­soft, dont BO est un équi­va­lent fran­çais indé­nia­ble sur tous les plans) en ver­sions « client lourd » et « Webi » (ie « full web » sans logi­ciel client sur le poste).

De l’ergo­no­mie et de la phi­lo­so­phie

Soyons clair : BO n’est pas arrivé au même degré d’inco­hé­rence ergo­no­mi­que que SAP, ou, bien pire, cette abo­mi­na­tion de Lotus Notes v5. BO n’est né qu’en 1990, et évo­lue depuis tou­jours dans l’éco­sys­tème Win­dows, l’his­to­ri­que est moins écra­sant.

BO a au moins le mérite de per­met­tre à quelqu’un qui con­naît sa phi­lo­so­phie et con­naît les icô­nes, ou est sim­ple­ment curieux d’y fouiller, de faire son tra­vail. La ver­sion de BO en « client lourd » (un pro­gramme Win­dows clas­si­que) est cepen­dant TRÈS loin de la per­fec­tion et de l’appli­ca­tion bien léchée. Mais on notera glo­ba­le­ment de nets pro­grès d’ergo­no­mie sur la toute der­nière ver­sion (« Webi », par le navi­ga­teur). La réé­cri­ture due au chan­ge­ment de tech­no­lo­gie a impli­qué une refonte de l’ergo­no­mie glo­ba­le­ment très posi­tive… pour peu qu’on arrive au bout du che­min de croix de la migra­tion…

BO est typi­que­ment l’appli­ca­tion où le talent ne peut com­pen­ser l’expé­rience et le nom­bre d’heu­res pas­sées à faire des rap­ports un peu com­plexes et tor­dus. L’uti­li­sa­tion est une col­lec­tion d’astu­ces et de « ah tiens c’est là ce truc ? ». Mal­heur à celui qui décou­vre tout sans men­tor. Rien de bien dif­fé­rent du reste de l’infor­ma­ti­que pro­fes­sion­nelle, diront cer­tains. La docu­men­ta­tion est plus ou moins pau­vre sui­vant les ver­sions, mais pas indi­gente.

L’uni­vers est un élé­ment capi­tal. S’il est mal foutu, l’uti­li­sa­teur récu­pé­rera très faci­le­ment des don­nées inco­hé­ren­tes. Bien fichu, il fait de la créa­tion des rap­ports un plai­sir, et éco­no­mi­sera beau­coup de temps à ceux qui aupa­ra­vant fai­saient tous leurs cal­culs sous Excel.

v5

La ver­sion 5 date de 2002, elle est encore uti­li­sée assez fré­quem­ment. Pour un uti­li­sa­teur qui n’a pas des besoins énor­mes, la mon­tée de ver­sion n’est pas for­cé­ment jus­ti­fiée. Elle a l’avan­tage d’être très légère pour les machi­nes actuel­les. Elle n’est plus sup­por­tée par l’édi­teur depuis long­temps, mais cer­tains clients vivent très bien sans sup­port. Les ver­sions 6, 6.5 sont fonc­tion­nel­le­ment qua­si­ment iden­ti­ques.

Je ne vais pas par­ler des fonc­tion­na­li­tés de base, qui sont là et glo­ba­le­ment fonc­tion­nent, avec des bugs occa­sion­nels, mais comme à mon habi­tude je vais pes­ter sur ce qui gâche la vie au quo­ti­dien, et qui se niche sou­vent dans le détail :

  • Con­trai­re­ment à Word qui offre des menus plé­tho­ri­ques dou­blés de bar­res d’icô­nes et tri­plés de menus con­tex­tuels, BO en client lourd offre nom­bre de fonc­tion­na­li­tés SOIT dans les menus con­tex­tuels, SOIT dans les menus prin­ci­paux, SOIT dans les bar­res d’icô­nes. Et la répar­ti­tion se fait de manière tota­le­ment incon­sis­tante.
    Pour for­ma­ter une cel­lule, c’est clic droit, SAUF pour régler lar­geur et hau­teur à la main (menu Affi­chage). La ges­tion (ajout, sup­pres­sion, renom­mage…) des « four­nis­seurs de don­nées » (les requê­tes où l’on défi­nit les objets récu­pé­rés) s’effec­tue à trois ou qua­tre endroits dif­fé­rents (clic droit, menu, « cube »…).
  • Les boî­tes de dia­lo­gue sont riqui­qui et non exten­si­bles (notam­ment celle de créa­tion des for­mu­les, celle de con­sul­ta­tion des don­nées rame­nées…). En gros, la ver­sion de 1991 en 640x480 impose encore son empreinte à l’épo­que des 19” en 1600x1200 (pour les vei­nards qui ne bos­sent pas en SSII). Non, ça n’a pas changé avec les ver­sions sui­van­tes.
    Beau­coup de fenê­tres sont moda­les, un pro­blème sérieux pour com­pa­rer deux rap­ports.
  • Parmi les détails éner­vants, le four­nis­seur de don­nées n’affi­che que le début du nom des objets puis des points. Très pra­ti­que quand ils se nom­ment tous « Mon­tant ci ou ça » ou « Code truc ou machin ». (Pro­blème cor­rigé dans la der­nière ver­sion XI Deski.)
  • La sau­ve­garde et le char­ge­ment s’effec­tuent par défaut dans des réper­toi­res pré­dé­fi­nis, bien à lui, aux­quel BO revient tout le temps. C’est très péni­ble quand on rai­sonne par pro­jet et par appli­ca­tion…
  • La ges­tion de la sécu­rité des docu­ments est inté­grée DANS le docu­ment. En clair, si un client vous envoie un rap­port sans avoir coché la case « Sau­ver pour tous les uti­li­sa­teurs » à la sau­ve­garde, il est impos­si­ble de le récu­pé­rer, même en pos­sé­dant l’uni­vers uti­lisé. Il y avait une faille en v5 (n’importe quel admi­nis­tra­teur BO pou­vait char­ger n’importe quel fichier sur sa pro­pre ins­tal­la­tion). Cette faille a été com­blée par la suite.
    Il est donc hau­te­ment con­seillé de créer toute ver­sion inter­mé­diaire ou de déve­lop­pe­ment ou toute archive en cochant la case fati­di­que, sinon la des­truc­tion du docu­ment dans le réfé­ren­tiel entraîne le ver­rouillage défi­ni­tif des sau­ve­gar­des sur dis­que dur.
    Parmi mille autres con­sé­quen­ces d’une sécu­rité implé­men­tée d’une manière assez ban­cale pour faire plai­sir aux para­noïa­ques des tours de la Défense ou New York : si l’uni­vers sur lequel un rap­port est basé est indis­po­ni­ble, ou s’il est renommé, il est impos­si­ble de voir la requête du docu­ment.
    Plus grave : pour chan­ger d’uni­vers sur une requête (pour tes­ter dif­fé­ren­tes ver­sions dans une phase de déve­lop­pe­ment par exem­ple), il est obli­ga­toire d’avoir aussi récu­péré l’ANCIEN uni­vers avec son ancien nom, sinon il ne le trouve pas (nor­mal) et… refuse d’en chan­ger ! Cris­pant.
    De plus, en v5, parue pour­tant cinq ans au bas mot après Win­dows 95, BO tient abso­lu­ment à con­ser­ver un nom d’uni­vers de huit (8) let­tres. Il est par­fois pos­si­ble de magouiller en renom­mant un uni­vers APRÈS l’avoir sauvé puis en le rou­vrant. Il reste des sco­ries de ce com­por­te­ment en XI.

    Tout cela pour dire que le tra­vail avec un « réfé­ren­tiel » (base de don­nées SQL con­te­nant l’uni­vers) est hau­te­ment con­seillé pour con­tour­ner cer­tains de ces pro­blè­mes.
  • Joie : en v5 on peut accé­der en SQL au modèle de don­nées de l’uni­vers sto­cké dans le réfé­ren­tiel (pour des requê­tes de con­trôle, un export Excel…), on peut même obte­nir par BO une vue sur un uni­vers BO. Excel­lent ! Voire indis­pen­sa­ble pour réa­li­ser la docu­men­ta­tion de l’uni­vers.
    Hor­reur : les rap­ports par con­tre ne sont sau­vés dans le réfé­ren­tiel que sous la forme d’un LONG informe qui ne peut être lui-même ana­lysé. Sauf à uti­li­ser des macros VBA mira­cu­leu­se­ment dis­po­ni­bles sur le web, impos­si­ble de récu­pé­rer une liste à peu près com­plète des objets con­te­nus dans une masse de rap­ports préexis­tants (dans le cadre d’une étude de migra­tion par exem­ple).
  • La réu­ti­li­sa­tion de code (requê­tes et for­mu­les de cal­culs) entre dif­fé­rents rap­ports n’est pas encou­ra­gée. Il est déjà beau qu’à par­tir de la v6 on puisse dupli­quer une sim­ple requête au sein d’un docu­ment, pour com­pa­rer plu­sieurs modes de cal­culs légè­re­ment dif­fé­rents par exem­ple, ou dif­fé­rents para­mè­tres.
    Il est donc con­seillé de caser le maxi­mum de « logi­que fonc­tion­nelle » dans les uni­vers… si vous en avez la maî­trise (ils peu­vent être four­nis par les édi­teurs des autres pro­gi­ciels comme l’ERP ou la compta).
  • Un autre pro­blème clas­si­que qui m’a fait m’arra­cher les che­veux après que mon client se soit arra­ché les siens : il existe un temps maxi­mum d’exé­cu­tion d’une requête au-delà duquel BO se plaint que celle-ci est trop lon­gue, et ne retourne que des résul­tats par­tiels, voire rien.
    En fait, une requête BO peut être scin­dée en deux ordres SQL (c’est nor­mal et sou­vent per­ti­nent). Et si le pre­mier de ces ordres fait plus de la moi­tié du temps maxi­mum… le timeout est con­si­déré comme atteint ! Rien que rajou­ter sys­té­ma­ti­que­ment des objets « de con­trôle » (date d’ali­men­ta­tion de la base…) peut pro­vo­quer ce phé­no­mène !
  • De manière géné­rale, les mes­sa­ges d’erreurs sont très impré­cis et abs­cons. (Ça ne s’est pas arrangé avec Webi…)

XI R2 SP2

Comme dit plus haut, ce sys­tème de nom­mage de ver­sion est ins­piré direc­te­ment de celle de Micro­soft : actuel­le­ment je tra­vaille pour un client sous Busi­ness Objects XI Release 2 Ser­vice Pack 2 Fix­pack 2.6. La nomen­cla­ture elle-même n’est pas très sta­ble : les Fix­packs ont suc­cédé aux Hot­fixes et MHF, et XI R3 s’appel­lera en fait « XI 3.0 ».

Il faut bien faire atten­tion aux che­mins de migra­tion ; par exem­ple le SP3 tout récent n’est ins­tal­la­ble que sur un SP2 jusqu’au FP2.5, sinon il faut aussi ajou­ter le FP 3.1, qui n’a cepen­dant pas été dis­po­ni­ble en même temps que le SP3. Au moment où j’écris, un 2.7 est aussi paru, et un 3.3 aussi. Sachant que le moin­dre de ces patchs pèsent des dizai­nes ou cen­tai­nes de Mo et que l’ins­tal­la­tion est une orgie de con­fi­gu­ra­tion et de mani­pu­la­tion de petits fichers xml, jar et de clés de regis­tres, un essai coûte cher en inter­ven­tion de pres­ta­taire…
Bref, tout cela donne des indi­ces inquié­tants sur la manière bureau­cra­ti­que dont s’effec­tue le déve­lop­pe­ment…

XI reprend le prin­cipe du réfé­ren­tiel mais uti­lise en fait l’infra­struc­ture déve­lop­pée autre­fois pour Crys­tal Reports (racheté depuis long­temps et main­tenu dans XI paral­lè­le­ment au « BO » clas­si­que), avec des con­sé­quen­ces effroya­bles :

  • La nou­velle infra­struc­ture met en place une flo­pée de ser­veurs, dont la con­fi­gu­ra­tion est com­plexe et peu claire. Les docu­men­ta­tions d’admi­nis­tra­tion font plu­sieurs cen­ti­mè­tres d’épais­seur.
    On notera une inté­res­sante et pié­geuse dis­tinc­tion entre « démar­rage » et « acti­va­tion » d’un ser­vice d’arrière-plan. Le démar­rage s’effec­tue par le CCM (Cen­tral Con­fi­gu­ra­tion Mana­ger), une appli­ca­tion Win­dows. L’acti­va­tion s’effec­tue plu­tôt par le CMC (une con­sole web). Oui, on a bien un CCM et une CMC ; il faut oser. Il existe aussi le CMS (un ser­vice maî­tre).
    Comme dans nom­bre de jeux, l’admi­nis­tra­tion pos­sède des outils cachés que ne trou­vera que celui qui fouine par­tout.
    Bref, cette plate-forme a hérité de Crys­tal la soli­dité que sug­gère le nom…
    (Je me demande sou­vent si le but n’est pas de maxi­mi­ser la com­plexité pour jus­ti­fier des tarifs déli­rants et se met­tre dans la poche des admi­nis­tra­teurs et con­sul­tants dont le tra­vail est garanti pour une demi-décen­nie. La théo­rie alter­na­tive remar­que que BO est main­te­nant Made in India, ce qui n’a jamais été un gage de com­pa­cité et d’élé­gance dans l’archi­tec­ture.)
  • BO avait déjà ten­dance à vou­loir impo­ser ses réper­toi­res de tra­vail. À pré­sent il impose car­ré­ment de pas­ser par son Info­view (un por­tail web). On peut encore con­tour­ner avec le client Win­dows, mais pas avec Webi (la ver­sion “full web”). Bon, ça se défend.
    L’inter­face du por­tail est fort per­fec­ti­ble, et fait à mon sens dou­blon avec la ges­tion des sécu­ri­tés déjà pré­sen­tes sur des ser­veurs réseau, éven­tuel­le­ment entre en con­flit avec les ser­veurs web, docu­men­tai­res et autres déjà en place. Mais le « por­tail déci­sion­nel » est à la mode, il doit bien se marier avec les mas­ses de docu­ments qu’une admi­nis­tra­tion pri­vée ou publi­que génère.
    L’ergo­no­mie est basi­que, loin der­rière le sim­ple explo­ra­teur de Win­dows ; ne serait-ce qu’à cause de l’absence de glis­ser-dépla­cer et la rela­tive len­teur de l’inter­face web. Cer­tains libel­lés sont scan­da­leux (« Dépla­cer dans un nou­veau réper­toire » sert à créer un nou­veau réper­toire, et/ou à dépla­cer un rap­port dans un réper­toire préexis­tant), et la mani­pu­la­tion des droits est tor­due. Le bou­ton « Sup­pri­mer » change de nom, de place, ou devient une sim­ple icône sui­vant les pages. Autre exem­ple, l’empla­ce­ment de « Modi­fier » dépend du type de docu­ments (pre­mière option pour du Webi, der­nière pour du Deski…) : un véri­ta­ble piège quand on est fati­gué.
    Cerise pour­rie sur le gâteau, les rap­ports Webi ne sont plus de sim­ples fichiers copier-col­la­bles, il faut se taper toute une pro­cé­dure d’import-export entre réfé­ren­tiels (his­toire de béton­ner la cohé­rence entre docu­ments, droits, uni­vers…).
  • En XI, on perd la pos­si­bi­lité de con­sul­ter le modèle de don­nées de l’uni­vers direc­te­ment dans le réfé­ren­tiel par SQL. Ce qui oblige à des recher­ches beau­coup plus fas­ti­dieu­ses quand on veut aus­cul­ter l’inté­rieur d’un uni­vers (export Excel par exem­ple). Là aussi c’est four­nir du bou­lot fas­ti­dieux sans fin à des con­sul­tants. (Cepen­dant un uni­vers XI est encore à peu près lisi­ble par un BO v5, ce qui per­met de con­tour­ner le pro­blème… pour le moment.)
    Autre hor­reur tech­ni­que à mes yeux, la divi­sion des docu­ments entre le réfé­ren­tiel BO dans la base de don­nées (tou­jours là) qui ne con­tient plus que les iden­ti­fiants des docu­ments et leurs rela­tions, et les docu­ments eux-mêmes, cette fois sto­ckés sous forme de fichiers sur le dis­que dur du ser­veur lui-même. Le piège est de bien syn­chro­ni­ser la sau­ve­garde du réfé­ren­tiel SQL et de ces docu­ments, sinon… (On se demande à quoi bon avoir une base de don­nées moderne der­rière si on jette par des­sus bord toute notion d’inté­grité. J’ai du mal à croire les argu­ments de per­for­man­ces.)
  • Acces­soi­re­ment et péni­ble­ment, XI me plante régu­liè­re­ment à la tron­che. Sous Webi notam­ment, il existe plein de délais d’expi­ra­tion qui pro­vo­quent des mes­sa­ges d’insul­tes tota­le­ment hors sujet.

Ajout de décem­bre 2008 : La ver­sion XI 3 ne lève pas ces remar­ques mais amé­liore tout de même sacré­ment l’appa­rence et l’ergo­no­mie de l’inter­face.

Webi

Le client lourd habi­tuel sous Win­dows, renommé « Desk­top Intel­li­gence » existe tou­jours - sous la pres­sion insis­tante des clients, mais il est con­damné. BO pousse les uti­li­sa­teurs de XI à pas­ser à la ver­sion web, « webi » (pour Web Intel­li­gence).

Toute l’inter­face a donc été réé­crite en Java (il y a même une ver­sion en HTML pur plus limi­tée, non tes­tée), et l’édi­teur en a pro­fité pour revoir de fond en com­ble l’ergo­no­mie. Les fonc­tion­na­li­tés sont beau­coup mieux répar­ties, un onglet Pro­prié­tés un peu fourre-tout mais bien trié per­met de tou­jours savoir où modi­fier tel ou tel para­mè­tre. Les bar­res d’icô­nes sont nota­ble­ment allé­gées, à bon escient, et les menus ont car­ré­ment dis­paru.

La ges­tion des requê­tes est bien plus cohé­rente et facile. Il y a de gros pro­grès aussi dans le mode explo­ra­tion (chan­ge­ment ins­tan­tané du niveau de détail de l’année au jour, ou du con­ti­nent à la rue, très pra­ti­que pour l’ana­lyse). La ges­tion des sec­tions de docu­ments est plus claire. La logi­que qui traite de la « fusion des dimen­sions » (ie le rap­pro­che­ment des don­nées de deux sour­ces qui se com­plè­tent sans se recou­per tota­le­ment) est net­te­ment plus car­rée. Glo­ba­le­ment, tout est d’ailleurs plus carré.

Ah non, il n’y a pas tou­tes les fonc­tion­na­li­tés du client lourd Win­dows, même si on en est pro­che. Les rap­ports sont com­pa­ti­bles à 90%. Mais cer­tai­nes astu­ces archi-clas­si­ques de for­ma­tage ne sont plus pos­si­bles, comme les copies dans les entê­tes de rup­ture (la colonne source ne peut plus être sup­pri­mée ; cepen­dant il est encore pos­si­ble de la ren­dre invi­si­ble par for­ma­tage, ou de jouer avec les sec­tions).
Impos­si­ble encore de voir les don­nées bru­tes depuis le rap­port (le « micro­cube »). La fonc­tion­na­lité « Col­ler la mise en forme » a aussi dis­paru, et c’est très dom­mage. (Mise à jour de décem­bre : Elle est reve­nue en XI 3). Les fil­tres ne peu­vent plus être que de la forme [Champ] (opérateur) <Valeur>, finies les for­mu­les sioux (il faut fas­ti­dieu­se­ment pas­ser par des varia­bles et non, le con­ver­tis­seur ne le fera pas pour vous). Les gra­phi­ques sont à la fois mieux gérés et moins flexi­bles.

Il fau­dra appren­dre à sau­ve­gar­der fré­quem­ment : le bou­ton d’annu­la­tion ne per­met plus qu’un (1) seul et uni­que retour en arrière (aucun en mode explo­ra­tion) !!! (Mise à jour : Là aussi, c’est cor­rigé en XI 3). Ça tombe bien, la ses­sion du ser­veur expi­rant au bout de 20 minu­tes, vous pou­vez per­dre tout le tra­vail en cours pen­dant une pause café.
Oubliez aussi les bou­tons d’ali­gne­ment des cel­lu­les : dis­pa­rus ! À côté de ça on remar­que à peine la dis­pa­ri­tion des fonc­tion­na­li­tés de ges­tion fine des bor­du­res (dis­tinc­tion inté­rieur/exté­rieur, poin­tillés…). La phi­lo­so­phie de cli­quo­drome total est éga­le­ment encore accen­tuée par rap­port au client lourd (perte des rac­cour­cis cla­vier de la ver­sion Win­dows).

Pour l’affi­chage et l’impres­sion, la régres­sion est monu­men­tale, avec cer­tes le PDF et le HTML comme for­mats d’exports pri­vi­lé­giés, mais on perd nom­bre de fonc­tion­na­li­tés de mise en page à l’impres­sion qui vont de soi sous Win­dows (notam­ment le très pra­ti­que « Ajus­ter sur N pages en lar­geur et M en hau­teur »).
Entre autres gags, les inser­tions de logo sont foi­reu­ses : soit on veut un logo de haute qua­lité, qu’il faut redi­men­sion­ner dans un coin de la page, et cela ne mar­che qu’en impres­sion PDF, mais pas en affi­chage HTML (logo tron­qué), soit il faut se con­ten­ter d’un logo ayant la même taille en pixels que la cel­lule, et la qua­lité d’impres­sion sera moyenne.

Je passe sur le fait que les machi­nes de for­ma­tion chez BO pos­sé­daient 2,5 Go de RAM, un pro­ces­seur à 3 GHz pour faire tour­ner les ser­veurs BO et Webi (cer­tes dans un VMWare). Ma machine au bureau, bien moins cos­taude, tire juste un peu la lan­gue. Mais en tant que client sim­ple, un XP sur une machine récente avec 512 Mo de RAM est suf­fi­sant - cer­tains rap­ports très lourds génè­rent cepen­dant lamen­ta­ble­ment des mes­sa­ges d’erreurs incom­pré­hen­si­bles au bout de quel­ques temps, un des innom­bra­bles délais d’expi­ra­tion doit être silen­cieu­se­ment violé : Webi est moins sta­ble que le client lourd.

Si le déve­lop­pe­ment de nou­veaux rap­ports se fait sans trop d’ani­cro­ches, la migra­tion des anciens peut être très fas­ti­dieuse à cause de tous les pro­blè­mes ci-des­sus, des règles plus stric­tes qui font voler en éclat nom­bre d’astu­ces, et d’un con­ver­tis­seur qui, une fois de plus, pré­fère inven­ter un mes­sage d’erreur stu­pide que dire la vérité. Si en plus l’uti­li­sa­teur le lec­teur final tient à sa mise en forme iden­ti­que au micro­poil près…

Bref, Webi est BO tel qu’il aurait dû être dès le départ, mais avec de scan­da­leu­ses régres­sions d’ergo­no­mie par rap­port au client lourd, par­fois incom­pré­hen­si­bles. On se croit par­fois revenu en 1990. On verra ce que don­nera la ver­sion R3 pro­mise pour très très bien­tôt.

D’un autre côté, Webi tourne sous Linux (j’ai som­mai­re­ment testé sous Ubuntu), ça fait tou­jours un lien de moins avec Micro­soft.

Dans le futur

Si je laisse par­ler mon côté mau­vaise lan­gue, je pour­rais dire que l’alliance avec SAP est une garan­tie que l’ergo­no­mie, la com­plexité et la lour­deur ne vont PAS s’amé­lio­rer. Pour l’ergo­no­mie, on verra com­ment évo­lue Webi, mais le pro­duit existe depuis long­temps et ne rat­trape que len­te­ment son retard… (Mise à jour de décem­bre 2008 : Il faut recon­naî­tre que XI 3 est un énorme pro­grès - il cor­rige nom­bre de lacu­nes fonc­tion­nel­les béan­tes et de man­ques ergo­no­mi­ques. XIR2 sen­tait le « pas fini » à plein nez, XI3 est plus léché et beau­coup plus agréa­ble.)

(Suite dans : L’abo­mi­na­ble BO (suite) : de R2 à 3.0 et de BO à SAP et une pin­cée de schi­zo­phré­nie web)